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Chapitre 20 : Le patriarche

 
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awax
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MessagePosté le: 06/08/2007 10:28:17    Sujet du message: Chapitre 20 : Le patriarche Répondre en citant

Ils allèrent chercher des fruits et … pas de crevettes, décidément, quand ça ne veut pas…

La séance d’entraînement fut particulièrement étrange, une gêne s’installait au moindre contact et Drago décréta qu’il était trop fatigué pour continuer. Ils rentrèrent au Dortoir en fin d’après-midi pour Poudlard vu la lumière du soleil couchant.

Hermione fit mine d’avoir sommeil. Ça n’était pas franchement le cas mais elle n’arrivait plus à gérer ses propres sentiments. Leur promiscuité ne permettait aucun moment de répit. Elle avait besoin de s’isoler, d’être seule et d’analyser ce qu’elle ressentait. Cela devenait vital. Elle avait envie et besoin de lui, mais elle craignait par-dessus tout de lui céder à nouveau, elle n’aurait plus la force de lui dire non. Bon sang ! Tomber amoureuse de ce serpentard, c’était impossible ! mais le contexte et la situation corrompaient ses sentiments. Hermione assimilait son cœur à une boussole, Ron était son Nord et Drago l’aimant contre lequel il était inutile de lutter.

-Je vais essayer de dormir un peu. Je sais qu’il est encore tôt, mais nous avons le temps pour reprendre le même rythme n’est-ce pas ?

-J’ai pas encore sommeil, lui répondit-il. Je vais essayer de continuer mes plans… et je te rejoins après.

Hermione lui sourit et s’allongea, fermant les yeux pour se recueillir dans le seul refuge qui lui restait : son esprit. Ses pensées divaguèrent au gré de ses envies. Des images se succédaient en elle : ses parents, les petits déjeuner en famille le dimanche matin avec la bonne odeur du café fraîchement moulu, les années Poudlard et les quatre cents coups avec Harry et Ron, le bal de quatrième année… les insultes qu’elle avait dû essuyer, pour la plupart venant de Drago.

Drago ! ce nom raisonnait tellement doucement en elle désormais. Le petit gamin prétentieux et vaniteux qu’elle connaissait n’était pas la même personne que l’homme présent dans ces sous-sols. Il avait grandi au sens propre comme figuré. Inévitablement, elle repensa à l’instant qu’ils avaient partagé. Rien ne serait jamais plus comme avant entre eux. A cette pensée, un poignard lui transperça douloureusement l’estomac. Elle l’aimait et ne pouvait rien lui dire.

Oui, elle l’aimait, c’était évident. Jamais elle n’aurait cédé à une soit disant vengeance de ce type si ça n’était pas le cas. Quel moment inoubliable ! une pincée d’envie s’infiltra sournoisement dans ses veines et se diffusa sur sa peau. Elle pouvait encore sentir ses mains et sa présence si douce en elle. Merlin, c’était donc cela être en manque ? La gentille et ô combien sage Hermione Granger n’ayant jamais ingurgité de substance répréhensible était aspiré dans un gouffre sans fond. Un vide que seul Drago Malefoy pourrait combler et qui pourtant ne ralentirait jamais sa chute, elle en était consciente.

Ressentirait-elle encore cette chaleur si intense, ce sentiment de plénitude et d’accomplissement de soi ? Au cours du mois écoulé, elle avait tout fait pour résister, ignorer ses propres envies, mais après l’avoir sentit contre elle, en elle même, Hermione savait parfaitement qu’elle avait définitivement perdu cette lutte. Elle se tourna dos à lui pour ne pas qu’il voit une larme perler lentement le long de sa joue.

Le serpentard releva la tête de ses plans à cet instant, intrigué par ce mouvement et la vit en boule. Elle semblait paisible, un petit oiseau blessé mais en convalescence. Cette idée l’obligea à se sourire à lui-même, ravi qu’elle puisse enfin se reposer calmement. Il avait vraiment envie de la rejoindre, de la prendre contre lui, mais il n’avait pas sommeil et aurait risqué de la réveiller en bougeant sans arrêt. Rassuré de l’image de quiétude qu’elle renvoyait, il se focalisa de nouveau sur ses plans.

Et pourtant, la jeune femme laissait ses pensées moroses s’infiltrer en elle sans arriver à les retenir. Pourquoi tout était si dur et compliqué ? Pourquoi ne pas pouvoir lui avouer qu’elle l’aimait et enfin sentir ses bras autour d’elle ? une petite voix répondit de fin fond de son âme :

« parce qu’une fille ne doit pas dire ces choses là la première, parce qu’il est Drago Malefoy ».

La mélancolie la rongeait progressivement, il était peut-être un Malefoy, mais après tout, en quoi cela était-il un obstacle ?

« parce qu’il te rejettera une fois à la surface, parce qu’il n’aura pas le courage de les affronter tous pour affirmer votre histoire, parce qu’il n’est pas du genre à avoir une relation durable ».

Mais voulait-elle une relation durable avec lui ? non ! elle voulait simplement être avec lui, le sentir contre elle, maintenant.

« Arrête tu te mens. Tu le veux à toi, tu espères qu’il va changer pour toi. Et tu te trompes lourdement, il ne changera pas pour une sang impure, il ne voudra jamais de toi, pas comme tu le voudrais toi ! ».

A présent de grosses larmes dévalaient la peau lisse de ses joues, elle entrouvrit à peine les paupières pour évacuer ce flot incontrôlable, luttant pour qu’aucun son ne soit émis malencontreusement. Elle vit alors la couleur marron de ce mur pourri rongé par l’humidité sans en appréhender les détails, la vision entièrement brouillée par l’eau salée imprégnant son visage.

« Ce n’est pourtant pas très compliqué Hermione, tu n’a qu’un mot à dire pour être fixée. Pourquoi ne pas te laisser aller ? pourquoi ne pas écouter ton cœur pour une fois ? Ici c’est ici et de toute façon tu ne retourneras certainement jamais à la surface, alors pourquoi ne pas rendre cet instant moins douloureux. Courage la gryffondor, retourne-toi et demande lui de venir à toi… il le fera, lui aussi en a besoin… »

A cette pensée, le poignard déchirant ses entrailles se retira lentement pour être remplacé par un « pourquoi pas » salvateur… Mais il fallait qu’elle se repose avant. Il lui fallait reprendre des forces et laisser ses idées se décanter.

A Poudlard, l’heure du rendez-vous était arrivée. Serpentards et gryffondors se retrouvèrent devant la salle sur demande. Ils portèrent tous le même serment qu’avait pris soin de rédiger Ginny, soit de s’entraider pour sauver Hermione Granger et Drago Malefoy, de tout mettre en œuvre pour les ramener dans leur monde tous les deux, sans nuire à l’autre groupe et surtout, de ne se cacher aucune information pour cette mission, ni d’en fournir d’erronées. Et enfin que ce serment pourrait être rompu une fois qu’Hermione et Drago seraient en sécurité totale.

L’étudiante de première année put enfin dévoiler pourquoi et comment elle avait eu toutes ces informations. Ses parents avaient différé sa rentrée sans aucune raison. Déjà frustrée d’arriver après tout le monde, et anxieuse d’entrer au collège dans de telles conditions, elle avait harcelé ses parents de questions et c’est sa mère qui craqua en lui disant que « c’était pour son bien ».

Lorsque Karina Folks avait pris connaissance de la razzia, elle avait immédiatement fait le rapprochement. Ses parents étaient au courant.

-Quoi ? Hurlèrent les gryffondors d’une même voix.

-Tout ceci aurait pu être évité ? Quelqu’un était donc au courant ? S’emporta Harry.

-Oui, Voldemort et quelques uns de ses proches, répondit fermement Millicent adossée contre un mur, les bras croisés.

-Mais comment Voldemort est-il au courant ? Pourquoi… Les questions fusaient dans l’esprit de Ginny.

-Stop ! L’arrêta Pansy. Nous n’en savons rien.

Tout le monde attendit qu’elle soit foudroyée sur place pour avoir caché des informations mais rien. Elle disait donc vrai.

-Ce que nous savons, c’est que Karina a fouillé le bureau de son père et que plusieurs grimoires de magie noire faisaient référence aux Morgoles, dont celui-là.

Elle déposa un livre d’au moins trois ou quatre cents ans sur la table. Harry s’en saisit immédiatement.

-Page 178. Indiqua sèchement Pansy en soulevant légèrement le menton.

Harry leva les yeux sur elle avant de chercher la fameuse page. Le croquis d’un vortex tel que celui apparu au milieu de la salle commune lui sauta aux yeux.

-Et les pages suivantes indiquent comment l’invoquer pour aller dans le monde des Morgoles, mais également pour en sortir. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Mais à nous tous, nous pouvons y arriver.

Une pseudo relation de confiance s’installa alors dans le petit groupe, protégée par le serment inviolable, même si les regards restaient vifs et suspicieux à chaque instant. Les gryffondors firent un compte rendu détaillé du journal d’Hermione en décrivant l’apnaya. Pansy ne sourcilla même pas en apprenant comment Drago avait « sauvé Hermione ».

Les gryffondors avaient pourtant prémédité leur coup et guettaient sa réaction avec impatience. Ils ne furent pas déçu du voyage. Mais sa « non-réaction » leur posa un énorme cas de conscience. Ils s’attendaient à la voir hurler, crier, frapper Crabb et Goyle, mais non ! elle ne bougea pas, attendant la suite du flot d’informations que les rouges et or déversaient. Harry interrompit alors Ginny dans son récit pour éclaircir cette histoire. Que Pansy ne soit pas éprise de Malefoy il s’en contrefichait, mais quelle était sa motivation alors ? Elle avait tout de même accepté de s’allier à ses pires ennemis et semblait respecter les règles du jeu. Alors quelle était sa motivation ? Une serpentard n’agissait pas ainsi gratuitement par bonté d’âme pour aider quelqu’un dans la détresse.

-Ginny, arrête toi deux seconde s’il te plait… lui demanda-t-il doucement alors que la rouquine lui lança un regard mêlant le questionnement et l’appréhension. Etait-elle allée trop loin dans la divulgation d’information ?

-Qu’est-ce qu’il t’arrive Potter ? le questionna une Pansy surprise par cet arrêt brutal. Tu sais que tu ne dois rien nous cacher, quoi qu’il nous en coût, nous jouons le jeu alors vous le devez aussi.

-On se calme. La coupa Harry, plutôt agacé par le ton qu’elle employait. Je m’étonne simplement d’une chose… la façon dont ton cher serpentard a si « héroïquement » sauvé Hermione, ça ne te fait ni chaud ni froid à toi ?

Un blanc s’installa alors dans la salle. Les gryffondors attendaient sa réponse avec la plus grande impatience alors que la concernée semblait réfléchir pour peser ses mots.

-En quoi cela te regarde Potter ?

-En réalité, je m’en moque pas mal. Lui affirma-t-il aussi sec, mais d’après les bruits de couloir, Malefoy serait ton futur nom, alors si les incartades de ton …

-Il ne faut pas croire à toutes les rumeurs ! coupa-t-elle aussitôt. Cela ne relève en rien de notre serment, je n’ais pas à te… elle corrigea sa phrase, à vous répondre de mes actes sur ce plan là.

-ho si ! insista Harry alors que le reste de l’assistance se délectait du match de ping pong. Si ce n’est pas l’amour qui te pousse à agir ainsi, qu’elle est ta motivation Parkinson ?

Un nouveau froid sibérien rempli la salle. Si les yeux de Pansy avaient la même puissance que sa baguette un éclair vert aurait foudroyé Harry mais ce dernier s’en moquait pas mal. Il ne voulait pas risquer d’être trahi. Se lancer dans une bataille aux côtés d’alliers peu fiables ne le tentait pas et mettait surtout la vie de tous en péril.

Après réflexion, son interlocutrice jugea de la pertinence de sa requête et se décida à répondre le plus brièvement possible.

-Drago est comme un frère pour moi. Nous nous aimons, mais d’une manière fraternelle. Je ne suis pas jalouse de ses conquêtes, écœurées par certaines tout au plus.

En quelques phrases, elle avait résumé la situation. Pansy connaissait Drago depuis des années, il avait toujours été là pour elle, en apprenant leur mariage convenu, ils avaient même tenté d’avoir une relation sous la pression de leur entourage. Il était le premier homme qu’elle avait connu et vice et versa, mais le sentiment d’amour passionné n’avait pas éclairé le moment d’intimité partagé. S’ils devaient suivre le chemin convenu et arrangé par leurs familles, autant que ce soit l’un avec l’autre. Mais une vie sans amour, toute serpentard qu’elle était lui semblait bien difficile à accepter.

Perdue dans ses réflections et souvenirs intimes, Pansy en oublia son masque froid et hautain. Les gryffondors purent alors lire un fragment de mélancolie dans ses yeux avant qu’elle ne se ressaisisse aussi sec.

-Convaincue Potter ou bien dois-je jeter ma vie privée en pâture devant vous.

-Non, nous sommes convaincus répondit une Ginny assez touchée par cet aveux et retenant Harry par le bras, prêt à poser d’autres questions. Nous en savons suffisamment, insista-t-elle en plongeant son regard dans celui de son cher et tendre.

Les réflexions sur un éventuel projet de sauvetage allèrent donc bon train et les bases en furent posées, un peu pèle mêle. Il ne manquait plus qu’à tout organiser et trouver les ingrédients nécessaires ainsi que le courage d’aller jusqu’au bout.

Au même instant, Drago n’arrivait toujours pas à dessiner son plan et encore moins à trouver le sommeil. Il observait Hermione. Si seulement il avait le courage d’aller au fond de ses pensées. Ce qu’il rêvait, à l’instant, c’était de la prendre contre lui, de lui dire ce qu’elle représentait réellement pour lui, mais il ne savait pas comment le faire. Jamais il n’avait été romantique ou attentionné, en y réfléchissant, il n’en avait jamais eu besoin. Ce qu’il voulait, il l’obtenait, c’était un fait.

Ce qu’il ignorait en réalité, c’était qu’il n’avait pas besoin d’y mettre les formes ni même de trouver ce qu’elle voulait entendre. Il n’avait qu’à lui dire ce qu’il ressentait et cela suffirait, mais il en était incapable. Il pensait aussi sûrement que les sangs purs sont supérieurs, que s’il se déclarait de la sorte, il se ridiculiserait. Et oui, Drago avait fait preuve d’héroïsme ici, mais risquer qu’elle le rejette, il n’y était absolument pas préparé.

Soudain, le son de cors retentit avec une telle intensité qu’Hermione se leva d’un bond en hurlant alors que le cœur de Drago s’emballa à un rythme fou.

-Qu’est-ce qu’il se passe ? Le questionna-t-elle complètement affolée.

-J’en sais rien. Allons voir.

Sans ajouter un mot ils se précipitèrent dans les couloirs en direction de la salle du conseil. Alors qu’ils parcouraient prudemment le dédale étroit, ils purent constater une certaine agitation côté Morgoles. A chaque nouvelle fenêtre, ils apercevaient des gardes courant dans tous les sens. Difficile de dire où ils allaient puisque chacun partait dans des directions opposées, mais tous avaient dégainé leurs armes.

Les deux poudlariens constatèrent avec effroi qu’une partie des gardes se postaient vers les fenêtres. A première vue, ils ne les connaissaient pas toutes mais en encerclaient une bonne partie. Puis, plus rien. L’affreux vacarme qui leur déchirait les tympans s’arrêta aussi brutalement qu’il était venu.

Ils stoppèrent leur course pour s’interroger du regard, partagés entre la peur d’avoir à affronter les monstres, et s’ils avaient trouvé un moyen de venir les chercher dans leur petit havre de paix ? Mais en même temps, toute cette agitation de leur côté semblait les inquiéter tout autant. Si les sorciers venaient les attaquer et ainsi les chercher eux ? Toutes les hypothèses étaient possibles.

C’est à pas feutrés qu’ils arrivèrent devant la fenêtre de la salle du conseil. Le roi était assis sur son lit, tout comme la dernière fois, trois boules de lumières tournoyaient autour de lui. Il paraissait calme.

-Mon seigneur, le Vortex a été actionné par un visiteur : Lucius Malefoy. Lança prudemment un des gardes.

Drago écarquilla les yeux et sentit son cœur s’affoler. Son père ! son père était ici, mais pourquoi ? Et comment ça « le visiteur » il connaissait ces créatures ? il…

- Amenez-le-moi. Répondit sèchement le roi sans bouger d’un pouce.

Lorsque le garde fut sorti de son champ de vision, il se redressa calmement et les trois boules s’immobilisèrent dans son dos. Il attrapa un manteau en cuir aux épaules renforcées par des plaques de métal et enfila également une ceinture d’armes blanches. Ces artifices masquaient assez efficacement son corps chétif. Hermione reconnu alors celui qui l’avait capturé. C’était étrange, mais leurs visages se ressemblaient un peu et elle eut comme un flash en le voyant vêtu de la sorte. C’était le roi qu’elle avait aperçu quelques secondes avant de perdre conscience. Elle se souvenait d’un garde, mais la silhouette rembourrée de ce monstre ne laissait la place à aucun doute. Il était venu la chercher en personne.

Troublée par cette révélation, elle ne laissa pas ses pensées l’envahir et perturber son raisonnement. En effet, son esprit se focalisa très rapidement sur une autre donnée :

Elle lança un regard plein d’espoir à Drago. Si Lucius était là, il sauverait son fils et maintenant elle savait qu’il ne l’abandonnerait pas ici alors peut-être, peut-être qu’ils allaient pouvoir partir, enfin ! Merlin… difficile de ne pas y croire. Mais la prudence devait être de mise et elle prit la main de Drago dont la respiration semblait de plus en plus saccadée. Doucement, il laissa les doigts fins de la jeune femme s’immiscer dans les siens et comprit exactement où elle voulait en venir. Il ne s’agissait pas de faire irruption devant son père pour lui dire « père, je suis là, je suis là emmenez moi, sortez moi d’ici » comme il en mourrait d’envie. Si les Morgoles en avaient décidé autrement, Lucius ne pourrait pas lutter contre leur volonté.

Cependant, tous deux ne purent réfréner un large sourire en voyant effectivement Lucius Malefoy arriver dans la salle du conseil entouré de deux gardes. Même Hermione fut heureuse de le voir ! C’est dire. Il ne semblait pas aussi serein et hautain que d’habitude, et pour cause !

-Seigneur, commença Lucius la voix lancinante, en voyant le roi se lever dans sa direction.

-A genoux. Ordonna ce dernier alors que Lucius s’exécutait servilement. J’espère que tu as apporté de meilleures plantations que la dernière fois. Vos pousses n’ont pas tenus plus de quinze décades ici.

-Oui Mon seigneur, nous nous en étions rendu compte et nos meilleurs chercheurs ont compris le problème. Je vous rapporte donc un nouveau coli.

-Bien. Tu peux t’en aller alors.

-Mon seigneur, en réalité, j’ai une requête à vous formuler. Prononça le mangemort, toujours l’échine courbée et les yeux plus rivés sur le sol que jamais.

-Et alors ? S’étonna le roi, offusqué que cette misérable larve ose faire une requête. En dehors de nos pseudos accords nous n’avons absolument rien à vous devoir. Estime-toi heureux que nous les maintenions.

-Oui mon seigneur. Mais j’implore votre indulgence.

Lucius savait caresser ses maîtres dans le sens du poil.

-Je t’écoute.

-Il est probable que mon fils unique soit coincé dans votre dimension.

A l’ouïe de ces mots, Drago sentit sa gorge se nouer, son père était là, il allait pouvoir tout arranger comme d’habitude. Il ne l’avait pas abandonné. Merlin que ce sentiment était bon.

-Alors c’est donc lui qui nous cause tous ces problèmes depuis le début. C’est ton fils. Méprisa le roi.

-Pardonnez-le. Il ne cherche probablement qu’à survivre. Mon fils est fort et courageux. Mais si vous le laissez partir, il vous laissera en paix.

-Certainement pas. Il a exécuté l’un des nôtres et protège celle qui doit devenir ma compagne. Il doit payer pour ça.

Lucius se permit alors de relever un peu la tête.

-Cette Sang-de-bourbe, Hermione Granger, vous la voulez comme reine ? s’exclama-t-il avec un dégoût non dissimulé.

A ces paroles une boule de lumière qui flottait calment dans l’air derrière le roi partit frapper Lucius de plein fouet à l’épaule gauche, le propulsant en arrière dans un hurlement. Drago ne bougea pas, mais Hermione sentit sa main se crisper autour de la sienne.

-Je t’interdis, espèce de misérable sous produit du monde occulte, de contredire mes décisions et d’insulter ma promise. Cette femme dispose d’une aura féerique dix fois supérieure à la tienne. De telles concentrations de magie pure sont rares parmi les vôtres. Vous et vos semblables n’êtes que les déchets de la magie.

-Veuillez me pardonner mon seigneur. Siffla Lucius entre ses dents, cherchant à se redresser alors que son épaule commençait à saigner, souillant sa robe de sorcier haute couture. Je ne demande que mon fils. La sang-de-… Miss Granger restera avec vous.

-Et pourquoi ferais-je donc cela ? S’étonna le roi d’un air supérieur et condescendant à souhait. C’est évident qu’Hermione, comme vous l’appelez, restera ici. Toi et ton maître n’êtes pas en position de nous imposer quoi que ce soit.

-Parce qu’elle a réussi à envoyer un journal dans notre monde où elle décrit vos moeurs, votre hiérarchie et bien plus encore. Bluffa Lucius, sachant simplement qu’Hermione avait écrit un journal et qu’elle évoquait Drago avec elle, mais sans plus.

-Et dis-moi. Pourquoi n’as-tu pas ce journal sur toi alors ? Tu connais les termes de notre accord.

Drago désespérait. Son père avait passé un accord avec ces monstres.

-Oui, je le sais. Nous collectons tous les écrits et toutes les traces de votre existence sur terre. Ensuite nous vous les rapportons pour éviter que le monde des sorciers ne prévoie les prochaines attaques. En échanges, vous nous en informez pour que nous mettions nos héritières en sécurité, récita Malefoy senior prouvant qu’il avait bien appris la leçon. Bon nombre de familles de notre cercle ont apprécié d’être dans le secret de la dernière razzia et d’avoir pu éviter la perte de leurs filles. Je n’ai pas encore ce carnet, mais il est ma priorité.

Hermione porta sa main libre jusqu’à sa bouche, les yeux figés d’horreur en entendant cela. Drago le vit et l’attira jusqu’à lui pour la prendre dans ses bras. Elle tournait désormais le dos à la fenêtre et enfouit sa tête contre l’épaule de son protecteur qui la serra contre lui. Il lui passa une main dans le creux des reins et une autre derrière la tête pour bien lui faire sentir qu’il continuerait coûte que coûte à la protéger. Alors qu’elle se blottit contre lui, pensant que bien des vies auraient pu être préservées, Drago continuait à fixer son père par-dessus la tête de son amazone. Personne ne le vit, mais son regard transpirait la haine envers l’homme qu’il avait toujours estimé, surestimé même. Il savait parfaitement de quelles familles il parlait, toutes des adeptes de Voldemort. Ils avaient sacrifié le monde sorcier pour mieux s’en sortir. Ils avaient vendu leurs âmes aux diables, aux Morgoles.

-Rapporte-moi ce journal. Ordonna le roi. Et peut-être que j’épargnerais ta vie et celle de ton cher maître. Et fais vite.

-Et mon fils ?

-Considère qu’il est mort. Alors maintenant sauve ta peau. Apporte-moi ce journal. Le roi termina sa tirade en lançant un petit geste dédaigneux de la main, indiquant aux gardes de le reconduire.

Lucius fut empoigné sous chaque épaule et traîné jusqu’à la salle du Vortex. Il avait joué, il avait perdu.

Drago se reprit tant bien que mal et entraîna Hermione avec lui jusqu’au dortoir à nouveau. Un long silence s’installa, chacun tentait de recouvrer ses esprits. La jeune amazone n’arrivait pas à croire ce qu’elle venait d’entendre. Elle savait que Voldemort et ses adeptes n’avaient aucune morale et la cruauté imbibée dans leur être, mais là… être soumis, elle ne l’aurait jamais pensé. Ils avaient trouvé leurs maîtres eux aussi finalement. Mais quelle bande de lâches, des pauvres limaces visqueuses et gluantes, voilà tout ce qu’ils étaient, des êtres sans âme, plus répugnants et méprisables que de la souillure accumulée dans un siphon de lavabo.

Elle s’approcha alors doucement de Drago. Debout devant elle, il lui tournait le dos. Elle entendit alors sa respiration lente mais profonde et comprit qu’il mettait tout en œuvre pour la contrôler. Doucement, elle se positionna derrière son dos, glissa une main le long de sa taille jusqu’à son ventre et l’autre sous son épaule droite jusqu’à ses biceps. Enfin, elle déposa délicatement ses lèvres dans sa nuque et resta ainsi, cherchant à lui communiquer un quelconque réconfort.

Le serpentard poussa un soupir à ce contact magnifié par un silence réparateur. Loin d’essayer de s’en soustraire, il ferma les yeux et saisit sa main droite pour l’embrasser avant de la replacer là où elle était. Ils restèrent ainsi un bon moment. Debout au milieu de nulle part.

Puis il se dégagea très délicatement de son étreinte, sans la brusquer. Elle le laissa alors seul mais ne le lâcha pas des yeux, inquiète des conséquences que ces révélations aurait sur lui, cet homme si imprévisible.

-Quel… Drago avait tenté de prononcer un mot mais la foule de sentiments se bousculant en lui l’en empêcha, par où commencer ? Tout son monde s’écroulait. La grandeur des Malefoy ! hum ! Elle était bien belle. Son père, l’homme qu’il avait idolâtré n’était qu’un petit homme peureux et lâche. A cette pensée une centaine de petits poignards lui martelèrent l’estomac, rendant sa respiration un peu plus douloureuse encore.

Voilà dans quel climat il avait été élevé. Marcher sur les autres pour sortir la tête de l’eau, et non pas essayer d’en faire baisser le niveau pour que chacun s’en tire. Tout ceci était à peine croyable. Ils avaient eu un grand nombre d’ouvrages sur les Morgoles, pouvant faire avancer la recherche probablement et éviter les razzias mais non ! ils l’avaient gardé pour eux et s’en servaient pour tirer leur épingle du jeu au détriment des autres. Quel honte pour cette si grande et si puissante famille. Tout le model patriarcal sur lequel s’était appuyé Drago toute sa vie n’avait plus aucun sens.

Au bout d’une bonne heure de silence où chacun tentait de rassembler ses esprits, Hermione reprit la parole.

-Le seul point positif dans cette histoire c’est que mon journal est bien parvenu à Poudlard et que Lucius ne l’a pas. Alors ils savent que nous sommes en vie. Nous en doutions, mais ils le savent.

-Ah ouais ! Ben ça n’empêche pas Weasley de forniquer au lieu de te chercher en tout cas. Lança violemment Drago.

Hermione releva la tête, profondément blessée par cette remarque et prête à lui lancer les pires horreurs, mais le serpentard ne lui en laissa pas l’occasion. Il se précipita vers le lit sur lequel elle s’était assise et s’agenouilla pour se mettre à sa hauteur.

- Excuse-moi Hermione. Excuse-moi… dit-il du fond du cœur en lui entourant le visage de ses mains. Je ne voulais pas. Je suis désolé…

Mais la gryffondor ne répondit pas.

-Hermione, tu sais comme je peux être des fois… Un peu… idiot, prononça-t-il avec difficulté tout de même. Et là je suis perdu… Je sais, ce n’est pas une raison mais… Dis quelque chose enfin.

-Des fois ? lui répondit-elle en relevant un des coins de sa bouche, mais les yeux marqué par une tristesse mélancolique.

-Bon d’accord… je te l’accorde, souvent, il chercha à la faire sourire ce qui fonctionna un peu.

Elle se recula, un peu gênée par cette proximité.

-Hermione. Ce que l’on vient d’entendre ne change rien en réalité, reprit le beau blond dans l’espoir de la consoler. Si ce n’est que mon père a une morale déplorable. Mais ça ne change rien. S’il sait contacter les morgoles, peut être que d’autres trouveront le moyen. Il reste un espoir et puis maintenant, comme tu le dis, ils ont le journal. Qui, on ne sait pas, mais ils l’ont…

Mais l’expression d’inquiétude profonde que dégageait la jeune femme ne changea pas.

-Quoi que négocie mon père… reprit Drago, tu m’entends, quoi qu’il négocie, je ne partirais pas sans toi. On est dans la même galère et je te l’ai déjà prouvé non ?

Drago comprit à cet instant précis ce qu’il devait faire. Tout s’éclaira en lui aussi clairement qu’un et un font deux. Son visage s’illumina alors d’un sourire sincère et merveilleux, un sourire destiné à son amazone…
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MessagePosté le: 06/08/2007 10:28:17    Sujet du message: Publicité

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