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Chapitre 22 : Pas de fumée sans feu

 
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awax
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MessagePosté le: 06/08/2007 10:29:33    Sujet du message: Chapitre 22 : Pas de fumée sans feu Répondre en citant

-Tu vas épouser Pansy, comme prévu ? demanda Hermione, lovée dans les bras de son homme, la tête contre son torse.

-Tu sais bien que non, lui répondit-il sans arrêter de jouer délicatement avec les mèches brunes de son amazone, le regard fixé sur le plafond du dortoir.

A cette réponse si instinctive, Hermione soupira de bonheur.

-Quoi ? Lui demanda-t-il, un peu inquiet.

-Non rien.

-Bon sang Hermione, arrête de penser à notre retour là-haut, s’énerva-t-il légèrement en se redressant pour s’asseoir dans le lit.

-Mais tu ne comprends donc pas que j’ai besoin de cette perspective pour tenir ici ! lui rétorqua-t-elle un peu fébrile.

-Et moi ça me consume.

Un blanc extrêmement gênant s’installa entre les deux amants. Mais Hermione décida de ne pas en rester là. Elle avait besoin de parler, d’envisager, d’analyser, de comprendre tout simplement.

-Mais pourquoi enfin ! L’espoir fait vivre non ?

-Et quel espoir ? lui répondit-il du tac au tac sur un ton glacial. Quel espoir nous avons à la surface ? Les Morgoles existeront toujours, Voldemort tiendra toujours ma famille et menacera toujours tes amis. Une guerre nous attend Hermione, quelles chances y a-t-il pour que toi et moi puissions être ens…

Il s’arrêta aussi net, et fixa de nouveau le plafond du dortoir comme s’il s’agissait du plus passionnant des matchs de Quidditch.

Hermione ne sut quoi lui répondre tant la surprise était grande. Que venait-il d’insinuer ? Il envisageait une relation avec elle à l’extérieur ? Etait-il réellement sérieux ?

Alors que toutes ces questions se bousculaient dans son esprit, Drago l’empêcha d’analyser un peu plus.

-Tu me connais Hermione. Je n’ai pas changé, je suis toujours le même Serpentard que tu as côtoyé à Poudlard. Je n’ai pas envie d’affronter Voldemort et encore moins envie de revoir mon père. Si jamais nous sortons d’ici je m’enfuirais loin de tout ça, je ne suis pas comme toi. Et puis…

Drago réalisa en un instant qu’il était en train de se livrer. Il se ravisa dans la seconde et glissa son regard sur une amazone captivée par la moindre de ses paroles. Enfin, il reprit de plus belle :

- De toute manière, nous n’en sommes pas là.

Tout en prononçant ces mots, il fit lentement remonter sa main le long de la cuisse de la belle pour atteindre cet endroit si sensible.

-Non Drago, attends, c’est impor…

Mais elle n’eut pas le temps de finir sa phrase, déjà le traître avait atteint son objectif.

-Serpent ! eut-elle à peine le temps de prononcer en apercevant son sourire en coin, accompagné d’un regard vicieux à croquer, juste avant qu’il ne lui capture les lèvres.

La fameuse matinée de répit se prolongea jusqu’au milieu de l’après-midi. Ils cherchaient vainement à étancher la soif qu’ils avaient de l’autre sans y parvenir le moins du monde.

A Poudlard les choses avançaient à grand pas. Les Serpentard dévoilèrent leur talent et leur faculté d’apprentissage lorsqu’ils avaient une carotte au bout du bâton. Au bout d’une seule séance d’entraînement particulier, ils montrèrent de fabuleuses capacités en duel ce qui inquiétait vraiment Ron. Devant la tension palpable, les Gryffondor organisèrent une réunion improvisée dans la salle sur demande pour poser les choses à plat.

-Harry, sincèrement, tu devrais y aller mollo pour tes entraînements. Ils sont en train de rattraper le niveau de l'AD à une vitesse grand V, si l’on excepte Crabbe et Goyle évidemment.

-Mais c'est le but Ron, lui répondit-il. Comment veux-tu lutter contre des Morgoles si nous ne mettons pas toutes les chances de notre côté ?

-Oui, mais lorsque Hermione sera saine et sauve, ils retourneront tous dans le camp de Voldemort et nous serons vraiment mal, surenchérit-il sous l’œil très attentif de Neville qui n'en pensait pas moins. Nous sommes en train de former des Mangemorts ! s’emporta-t-il en se levant de son fauteuil.

-Alors déjà, deux choses : si jamais nous arrivons à lutter contre les Morgoles, Voldemort ne semble plus être un problème, ensuite, je ne suis pas certain qu'ils soient vraiment comme leurs parents.

La dernière phrase d'Harry indigna Neville qui imita Ron en se levant d'un bond pour protester.

-Quoi ? Ce sont des Serpentard, tu aurais oublié ce qu'ils ont fait en cinquième année ou plus simplement les piques qu’ils nous envoient à tout bout de champ ? Regarde Pansy, elle est mauvaise cette fille Harry, je sens le mal en elle, elle…

-C’est vrai que Parkinson n’est plus que l’ombre d’elle-même ! Vous avez vu les cernes qu’elle a ? s’étonna Ginny, un peu loin de la conversation. On dirait que quelque chose la tourmente, d’ailleurs, elle a même dû perdre plusieurs kilos.

-Evidemment que quelque chose la tourmente Ginny ! lui répondit son frère. Elle cherche certainement comment nous exterminer tous et ne trouve pas de torture suffisamment brutale pour assouvir ses désirs malsains.

-Du calme Ron... de toute manière ils ne pourront rien contre nous même lorsque Hermione et Malefoy seront sauvés, et ce tant que la guerre ne sera pas finie, voire même plus.

Devant la vague de stupeur qu'avait une nouvelle fois créée la réplique d'Harry, il crut bon de se justifier :

-C'est ma Ginny qui a eu cette idée, finit-il en l'embrassant sur le front.

Dès lors, tous les regards se posèrent sur elle.

-Réfléchissez, nous sommes couverts par le serment inviolable, se justifia-t-elle.

-...

-Vous savez que dans ce type de serment, chaque mot est important ?

-…

-Et bien nous leur avons fait promettre que le serment, à savoir ne pas se porter préjudice, ne pas s'attaquer et ne rien se cacher, ne s'achèverait qu'une fois le couple en parfaite sécurité.

Ron ouvrit grands les yeux et la bouche, remportant avec brio le concours de la plus belle imitation de carpe.

-Je t’en prie Ron ! C’est une façon de parler ! se justifia-t-elle, peu fière de son lapsus. Bref, vous comprenez ce que cela signifie ?

-...

-Mais c'est évident pourtant, s’impatienta Ginny devant leurs mines déconfites, jamais ce serment ne prendra fin tant que la guerre ne sera pas finie ! Malefoy et Hermione ne pourront être en sécurité tant que la menace de Voldemort portera sur Hermione et celle de l'ordre du phénix sur la fouine. Ensuite, même au-delà, nous ne sommes jamais en sécurité… qui nous dit que demain, nous n'allons pas nous faire renverser par le Magicobus ou je ne sais pas... tomber dans les escaliers...

Un blanc s'installa dans la pièce durant quelques secondes où chacun analysa cette situation...

-C'est brillant ! s'exclama Patricia.

Encore déçue de la réaction de Ron à l’évocation du mot « couple » pour désigner Malefoy et Granger, la jeune française chercha à sauver les apparences, épreuve difficile. Décidément, elle n’avait jamais rencontré cette fille, mais elle avait le don pour lui gâcher la vie. Comme si ce n’était pas déjà assez compliqué d’arriver dans un groupe déjà constitué, mais en plus il fallait sans arrêt qu’on la compare à elle. Hermione était studieuse, Hermione réconfortait tout le monde, Hermione, Hermione, Hermione… Hermione était par-faite ! Sainte-Hermione !

Mais elle en fit une nouvelle foi abstraction pour constater que, peu à peu, un sourire de satisfaction s'installait sur tous les visages. Ils seraient certes liés au groupe de Serpentard pour un bon bout de temps, mais en même temps, ils privaient Voldemort d'une bonne partie de la relève.

-On a pris les Serpentard à leur propre jeu, murmura Ron, pensif. Parfait, ajouta-t-il.

-Bon très bien, une fois ce point éclairci, reprit Harry en se tournant vers Neville, vous en êtes où avec l'Ordre ?

Neville prit un temps de réflexion et se leva pour exposer l’état de ses recherches.

-Très bien, alors l’Apnaya existe également sur terre. Nous nous en sommes donc procuré, merci Mc Gonagall, et avons cherché à éclaircir deux points essentiels : pourquoi elle n’a pas proliféré chez nous autant que dans le royaume Morgole ? Et ensuite, pourquoi elle a décimé la population « féminine » de ce peuple ?

Neville avait visiblement pris beaucoup d’assurance depuis le début de cette histoire. Il s’exprimait d’une voix sûre et intelligible, soulignée d’un regard déterminé. Sans doute oeuvrait-il en mémoire de Luna et pour sauver Hermione, celle qui ne l’avait jamais jugé et s’était toujours inquiétée de ses états d’âme.

-La première interrogation a très vite été levée, poursuivit-il devant une assistance s’abreuvant de la moindre de ses paroles. L’Apnaya ne prolifère qu’avec certaines conditions externes bien précises : il lui faut du froid, peu de lumière et de l’humidité. Ce qui explique qu’elle ne se développe pas en dehors des secteurs polaires de notre planète.

-Très bien, donc nous ne risquons pas d’être envahis à notre tour, s’inquiéta Harry.

-Non, elle existe depuis la nuit des temps et à moins qu’une période glacière ne nous surprenne, il n’y a aucune raison pour que cela change.

Ginny sourit à Harry avant de l’embrasser rapidement, c’était au moins une bonne nouvelle. Ron et Patricia se tenaient à une distance respectable mais l’ensemble du petit groupe avait bien remarqué les regards mélancoliques qu’ils se lançaient à longueur de journée.

-Pour la seconde interrogation, le résultat est moins probant, nous avons bien une piste, mais elle reste floue. Pour faire court, chaque peuple a des caractéristiques génétiques qui influent sur la couleur de la peau, la taille, la couleur des cheveux ou encore la forme du visage… et bien si nous en croyons un des livres fournis par les Serpentard, le peuple des Morgoles dispose d’une peau particulièrement sensible. Ce détail peut paraître subtil, mais cela expliquerait pourquoi ils doivent se cacher du soleil. Evidemment les « sujet féminins » étaient encore plus fragiles sur ce plan. Mais maintenant que les « mâles » se sont affaiblis, je pense que l’Apnaya doit faire autant effet sur eux.

-Tu es certain que ta théorie est bonne ? s’inquiéta Patricia, un peu perplexe.

-Non ! reprit aussitôt Neville, c’est une théorie ni plus ni moins. Je pense qu’un autre facteur, nous échappant encore à l’heure actuelle, les a obligés à se réfugier sous terre. Peut-être que cela n’a rien à voir avec la fragilité de leur peau… Disons qu’au moment où je vous parle, cette théorie semble être la plus plausible. D’ailleurs j’ai pu constater que l’Apnaya est particulièrement allergisant. Elle est sans danger pour nous, mais en en manipulant à longueur de journée, mes doigts ont commencé à me démanger et à gonfler m’obligeant à porter des gants.

-Mais alors les Morgoles n’avaient qu’à ne pas la toucher ! s’impatienta Ron.

-La plante a d’autres particularités, se défendit Neville. Hermione, lorsqu’elle l’a décrite dans son journal, a expliqué qu’en y mettant le feu elle devient fumigène. Elle semble être aussi volatile que le pollen. Il doit exister des sortes de micro particules que nous ne remarquons même pas, mais qui ont dû se déposer sur les pores de la peau des Morgoles, voire même les voies respiratoires, je ne sais pas.

-Mais attends, s’inquiéta alors Ginny, si la peau est sensible et que même toi tu as eu une réaction allergique, rappelez-vous ce qu’a écrit Hermione dans le journal, pour voler la torche elle s’est enduite toute entière d’Apnaya. Est-ce qu’elle a pu être infectée ?

-Je ne pense pas, rétorqua un Neville de plus en plus sûr de lui. Regarde, moi j’avais les mains dans cette plante toute la journée depuis au moins une semaine et c’est seulement là que j’ai eu quelques démangeaisons. Les Morgoles et nous sommes profondément différents. Je ne pense sincèrement pas que cela ait eu des conséquences sur Hermione. Elle n’en décrit pas dans son journal d’ailleurs.

-Bon, très bien, les coupa Harry en constatant que l’heure tournait. Allons droit au but, en quoi cela nous avance ?

Neville parut réfléchir, après avoir expliqué ses brillantes recherches, il aurait aimé un peu plus d’encouragements, après tout, voilà plusieurs nuits blanches qu’il passait sans relâche à travailler sur les propriétés de l’Apnaya d’après les échantillons que les membres de l’Ordre lui avaient ramenés. D’ailleurs, même ceci n’avait pas été évident. Mc Gonagall avait transplané en Laponie pour en « cueillir », mais une fois qu’elle avait eu la plante en main, impossible de transplaner de nouveau, sa magie était absorbée ! Elle dut voyager à la Moldue, un parcours éprouvant pour une femme de son âge.

-Et bien ! Ceci nous offre plusieurs perspectives… reprit Neville, la voix perdue dans ses propres songes. Nous savons que l’Apnaya n’est pas dangereuse pour nous et pour l’ensemble des peuples de cette terre. En revanche, même les mâles Morgoles peuvent être « infectés » puisqu’au fil des siècles cette tare s’est accentuée et que leur magie est de plus en plus faible… Alors je ne sais pas moi, si nous trouvions un moyen de favoriser sa croissance, je veux dire, de diffuser ses effets plus rapidement et que nous en infestions ce qu’Hermione a appelé la nouvelle cité…

-Neville, tu es un génie !

Harry s’était levé et tendait la main à son camarade pour la lui serrer en guise de remerciement pour son investissement.

- Tu crois que tu pourras arriver à obtenir un résultat rapidement ?

-J’en sais rien Harry… mais je vais y travailler.

La discussion se poursuivit une nouvelle fois tard dans la nuit pour les Gryffondor. Ils avaient obtenu des dérogations pour ne suivre que le nombre de cours minimum et nécessaire, menaçant l’Ordre, et leurs parents par la même occasion, de mettre leurs études en suspens tant qu’ils n’auraient pas retrouvé Hermione. De toute manière, les Weasley savaient parfaitement que cette année serait redoublée par l’ensemble de leurs protégés. Mais après tout, il fallait relativiser tout ceci, perdre une année, ça n’était pas la fin du monde.

Mais alors que les méninges travaillaient dur pour les étudiants de Poudlard, en Morgolie, l’ambiance était toute autre. Drago s’était assoupi après un énième ébat et déjà, il sentait les lèvres d’Hermione se déposer sur les siennes, puis passer sur ses joues et descendre sur son torse. Elle était passée à califourchon sur lui alors qu’il gisait sur le dos, sans forces, les bras écartés.

-Tu as l’intention de me tuer c’est ça ? lui murmura-t-il du bout des lèvres.

Mais la douce jeune femme venait de rêver de leurs précédentes galipettes et s’était réveillée légèrement « excitée », elle continuait donc à balader ses mains et ses lèvres un peu partout sur le corps de son amant très lentement et déjà les premiers effets apparaissaient.

-En réalité tout ceci n’est qu’un complot des Gryffondor, reprit-il faiblement. Tu veux me faire payer tous mes méfaits passés en m’épuisant, en me vidant de mes forces vitales, c’est bien ça ? plaisanta-t-il. Malgré l’envie, la malnutrition et leurs ébats répétés avaient eu raison de ses dernières forces.

Mais lorsque son amazone arriva à un point si sensible, il afficha un sourire niais sans même ouvrir les yeux ni bouger d’un pouce.

-Laisse-moi reprendre des forces au moins, un ou deux fruits… implora-t-il.

Hermione remonta alors jusqu’à son oreille pour lui murmurer :

-Laisse-toi faire, je m’occupe de tout.

Et c’était reparti pour un tour.

Au même instant, un nouveau conseil s’était réuni autour du roi des Morgoles, le dénommé Markane. Ce dernier marchait en tournant très lentement autour de la table de conférence, alors que les dignitaires évoquaient les pertes de puissance importantes du collectif. Il semblait ne pas les écouter, perdu dans ses pensées.

Grasite exposait ses hypothèses à un Arniok, le chef de l’opposition, particulièrement attentif, lorsqu’un bruit strident fit grincer des dents à l’ensemble des participants du colloque. Le roi avait griffé la table en métal de ses ongles aussi affûtés que des lames de rasoir. Sans même prononcer un seul mot il venait d’attirer l’attention de son assemblée.

-Des rats ! cracha-t-il. Ce ne sont que des rats qu’il faut faire sortir de leur tanière.

-Seigneur, de quoi parlez-vous ? s’enquit Grasite un peu anxieux de la réponse.

Le souverain ne sembla pas juger cette interrogation assez digne d’intérêt et ne répondit pas. Mais son propre frère, saisissant ses intentions, s’engagea sur son terrain.

-Et alors, cela ne change rien Markane. Nous savons bien qu’il faut les faire sortir de l’ancienne cité, mais sans aller les chercher, nous ne pourrons pas atteindre ce but.

-Ho si, affirma-t-il avec un regard malsain à en glacer son propre frère.

-Mon seigneur, le coupa Arniok. Je pense que travailler pour le collectif est plus urgent. Nous avons suffisamment perdu de temps et chacun d’entre nous se sent plus faible à chaque nouveau lever. Nous devons réorganiser les récoltes et engrosser plus de femelles pour obtenir plus de magie pure. Tout ceci devient vital pour notre peuple.

Les membres de l’assemblée se figèrent de frayeur, jamais personne n’avait osé contredire ouvertement le roi en conseil officiel. Chacun attendait le verdict qui ne tarda pas à tomber. Le roi fixa profondément son rival, sans changer l’expression de son visage, mais la terreur gagna le pauvre fou. Ce fut comme un fluide glacial d’horreur pur qui s’infiltra dans chacune de ses veines, prenant possession de son âme peu à peu si tant est qu’il en ait une. Le roi attendit d’être certain que l’assemblée s’imprègne de ce climat d’effroi pour prononcer tout doucement cette si simple phrase qui représentait les cauchemars les plus épouvantables du royaume Morgole, et sans quitter Arniok une seule seconde des yeux :

-Gardes, jetez-le dans la fosse.

Postés à l’entrée de la salle du trône, les gardes eux-même mirent quelques secondes à se remettre du choc, mais ils devaient surmonter leur propre paralysie de peur pour ne pas subir le même sort. Ils se précipitèrent alors sur le pauvre condamné et le saisirent sous les épaules alors que ce dernier suppliait la clémence de son maître. Mais devant le mur auquel il se heurtait, il décida de s’adresser aux autres membres, les implorant de renverser cette monarchie qui les conduirait à leur perte. Mais aucun n’osa bouger le petit doigt.

La fosse, c’était la pire façon d’être condamné. Elle se trouvait dans la salle des cérémonies entre l’estrade et l’espace destiné au reste de la population Morgole. C’était une sorte de puits d’environ trente mètres de profondeur et dont jamais personne n’était remonté. Certains avaient tenté de jeter un bref coup d’œil dans le fond mais n’avaient aperçu qu’un sol mouvant. En réalité, elle était remplie de milliers de minuscules petits vers carnivores qui dévoraient leurs victimes lentement, très lentement. Vu leur taille, il leur fallait deux bonnes journées moldues pour se repaître d’un corps. Parfois on entendait les condamnés hurler durant plus de vingt-quatre heures.

-Bien reprit le roi, d’autres objections ?

Un silence morbide régna alors dans la salle du conseil.

-Parfait, alors vous allez bien écouter mes directives, je veux que tout soit en place d’ici une heure.

Cette fois-ci, l’un comme l’autre dormait. Drago avait bien murmuré un « tu ne perds rien pour attendre » auquel Hermione avait répondu un « parole, parole, parole », mais même les provocations n’avaient plus d’impact, ils étaient littéralement épuisés.

Pourtant, deux heures plus tard, Hermione fut réveillée par une impression étrange… elle mit un peu de temps à ouvrir les yeux, mais son instinct la poussa à réagir. Comme après une longue nuit se sommeil alors qu’elle n’avait fermé les yeux que deux petites heures, elle s’étira, ayant du mal à faire surface, mais en reniflant elle comprit ce qui n’allait pas et se leva d’un bond, constatant avec effroi que son mal-être était justifié.

-Drago ! s’affola-t-elle en secouant son amant.

-Hmmm ?

-Drago réveille-toi vite.

-Hermione, je t’adore, mais là…

-Drago bon sang lève toi ! hurla-t-elle, la voix emplie de terreur.

Le serpentard ouvrit les yeux tant bien que mal mais se redressa alors d’un coup.

-Nom de… qu’est-ce que c’est ?

-Je ne sais pas, hurla Hermione, les yeux remplis de terreur, tout en se levant. Je… de la fumée…

-Allez, on bouge. Prends la torche je prends des armes.

-Et mon carnet ?

-Nom de… Hermione grouille ! s’impatienta-t-il en saisissant les armes les plus légères qu’il put.

Chacun saisit ce qu’il devait et ils se précipitèrent à l’entrée du dortoir. Déjà, une fumée blanche et opaque infestait les couloirs et se propageait aussi vite qu’une rumeur à Poudlard. Cette fumée était toxique et leur brûlait la gorge et les yeux. Hermione alla chercher ses anciens vêtements dans le coffre alors que Drago s’impatientait. Mais elle savait ce qu’elle faisait. Elle déchira son ancienne chemise pour en faire deux sortes de carrés et les imbiba d’un peu d’eau qui restait dans leur gourde. Elle en tendit un à Drago et positionna le sien sur son visage alors qu’il en faisait autant. Décidément, elle savait réagir lorsqu’il le fallait pensa-t-il.

-Où va-t-on ? le questionna une Gryffondor tout de même terrorisée.

-La source, je ne vois que ça, ils essayent de nous enfumer, là-bas nous aurons… Drago dut s’arrêter pour tousser, déjà la fumée lui brûlait la gorge… nous aurons plus d’espace.

Hermione le suivit dans les couloirs, ils constatèrent que les Morgoles avaient repéré un certain nombre de fenêtres et même s’ils ne passaient pas au travers, ils enflammaient des bois très fumigènes et envoyaient la fumée directement dans l’ancienne cité par magie. Heureusement qu’ils connaissaient bien les couloirs maintenant car la vision de leur environnement se réduisait de seconde en seconde. Même la torche ne suffisait plus à les guider.

Ils se précipitèrent aussi vite et aussi silencieusement qu’ils le purent vers la source, tentant de tousser le moins possible malgré leur gorge en feu. De temps à autre, ils entendaient le son des voix gutturales de ces monstres, semblant venir d’outre-tombe, mais ne s’en formalisaient plus. Ils devaient avancer et vite.

Quelques minutes plus tard ils atteignaient enfin leur but : la source, cette salle immense qu’ils connaissaient si bien. Effectivement ici la fumée se diffusait dans l’espace ce qui leur laissait un peu de répit, mais ils comprirent vite qu’il ne serait que de courte durée. Ils avancèrent jusqu’à la rive et se retournèrent pour surveiller l’entrée de la grotte. Des nuages de fumée arrivaient par vague tels une sorte de brouillard se condensant peu à peu, les obligeant à reculer jusqu’à ce que le talon de Drago arrive dans l’eau.

Il se retourna pour constater qu’ils n’avaient plus vraiment le choix, il fallait partir et la seule issue était de traverser à la nage cette immense étendue d’eau aussi noir que du goudron et dont il ignorait tout de ce qui se cachait en dessous de la surface. Leur seul espoir était d’atteindre l’autre rive dont ils devinaient la berge plus qu’ils ne la voyaient.

Hermione, le cœur battant à tout rompre, lui lança un regard affolé sans dire un mot. Il la prit alors par la taille et la serra contre lui, l’embrassant sur la tempe. Tout allait se jouer maintenant. Ils ne savaient pas ce qu’ils trouveraient de l’autre côté ni même s’ils y parviendraient. Mais seulement trois choix s’imposaient à eux : débouler dans la nouvelle cité et mourir de la main des Morgoles, rester ici et mourir asphyxiés, ou plonger dans l’eau glacée pour s’enfuir on se sait où. Hermione embrassa alors Drago dans un élan désespéré et il lui rendit son baiser le plus douloureusement du monde. Enfin ils se lancèrent un dernier regard et s’enfoncèrent dans les eaux glacées si peu accueillantes, main dans la main.
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MessagePosté le: 06/08/2007 10:29:33    Sujet du message: Publicité

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