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Chapitre 24 : Spanglorn

 
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awax
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MessagePosté le: 06/08/2007 10:30:59    Sujet du message: Chapitre 24 : Spanglorn Répondre en citant

-Qu’est-ce que tu sous-entend par-là ? lui demanda Hermione, qui avait définitivement besoin de réponses.

Après tout, même si elle se remettait très lentement du choc qu’elle venait de vivre, elle n’avait pas tout oublié. Une phrase en particulier tournait en boucle dans son esprit. Elle lui avait avoué son amour et plus encore. En le suppliant de ne pas l’abandonner, La jeune femme avait exprimé un besoin vital d’être à ses côtés. Alors maintenant, il lui fallait la confirmation de ce qu’elle espérait, à savoir que ce sentiment était partagé.

-Tu le sais bien, lui répondit-il avec un petit sourire charmeur.

-…

Les esquives à la Serpentard, elle en avait par-dessus la tête. Malgré son regard impassible, il lui avait tout de même lancé une perche : « Une fois à la surface, si Weasley te touche ou te regarde de trop prêt, je le castre »… Etait-il véritablement jaloux ? Oui, elle avait besoin de réponses et ne prononcerait plus un seul mot jusqu’à ce qu’il daigne lui en fournir, ce qui n’échappa pas au serpentard.

-Tu aimes me mettre mal à l’aise ! lui lança-t-il voyant bien qu’il était au pied du mur.

-…

-Très bien Miss Gryffondor, tu l’auras voulu.

Il s’arrêta, se tourna face à elle et l’embrassa délicatement avant de coller sa joue contre la sienne, lui dire ceci en la regardant dans les yeux était encore trop difficile, mais ainsi il se sentait en confiance. Après ce qu’elle venait de lui avouer et tout ce qu’ils avaient traversé, Drago, pour la toute première fois de sa vie, avait envie d’être honnête avec elle mais également avec lui-même. Il se décida alors à lui murmurer quelques mots au creux de l’oreille.

-Que ce soit ici ou à la surface mon amazone, je ne te laisserais pas. Toi et moi, je ne sais pas où nous allons, mais nous irons ensemble. Hermione… prononça-t-il enfin, marquant une courte pause, Hermione j’ai besoin de toi et par-dessus tout, j’ai envie d’être avec toi.

La jeune femme attendait un autre mot, mais cette phrase lui convenait tout autant. Elle sentit son amant lui déposer un doux baiser sur la joue et la serrer contre lui. Cette étreinte lui donnait de la force, du courage, de l’espoir.

-Drago… soupira-t-elle.

Il attendit quelques seconde de plus avant de s’écarter à nouveau d’elle, la regarda et repoussa une mèche de cheveux pour se délecter de ses yeux si magnifiques. Il sourit en voyant que la flamme qu’il aimait tant chez elle renaissait peu à peu de ses cendres.

-Tu vas mieux ? s’inquiéta-t-il au bout de quelques secondes.

Elle secoua affirmativement la tête, mais toujours le cœur lourd. Savoir qu’il partageait ses sentiments était merveilleux et salvateur, mais d’autant plus douloureux. Même s’ils ne se l’avouaient pas, leurs chances de survie semblaient s’amenuiser de minute en minute. Le cœur d’Hermione se fissurait lentement et douloureusement, un peu comme une plaie pratiquement cautérisée et qui s’ouvrirait lentement à cause d’un faux mouvement. Elle découvrait enfin l’amour, le vrai, l’unique même peut être et il était partagé, mais pour autant, il paraissait aussi éphémère que magnifique.

-Tu aimes me faire parler… insista-t-il gentiment pour lui faire retrouver le sourire.

-Il faudra t’y faire ! se hasarda-t-elle courageusement mais avec une attente fébrile de la réponse.

-Je m’y ferais, affirma-t-il avec conviction et détermination.

Il l’embrassa de nouveau en posant délicatement ses lèves sur celles de son amazone et sentit avec bonheur qu’elle lui rendait son baiser. Elle reprenait des forces.

Ce baisé était doux et léger, leurs lèvres se caressaient sensuellement et le plus chastement du monde. La passion avait capitulé face à la fatigue, mais il demeurait le désir profond de rester en contact avec l’autre.

Egarés quelque part dans cette timide volupté, ils perdirent de vue la définition du mot « temps ». Hermione se concentrait sur chaque partie de son corps en contact avec son amant. Son esprit se focalisa alors sur ses lèvres, pour ensuite sentir le faible mouvement du pouce de Drago dans son dos, caressant lentement une petite zone vers sa colonne vertébrale. Elle décida de se laisser entraîner par la vague de frissons suscité par cette faible impulsion et sentit alors une pression sur son bassin. Une jambe du Serpentard s’était insinuée entre les siennes et elle frotta instinctivement son mollet contre lui, exprimant une forme de tendresse. Drago resserra alors immédiatement son étreinte en l’attirant par la taille. Il se laissait envahir par l’amour qu’il lui portait, se délectant d’un simple baiser, un baiser timide et chaste qui, jadis l’aurait profondément ennuyé. Mais aujourd’hui, avec elle, il voyait le monde d’un regard neuf. Même ses sens lui semblaient plus aiguisés. Les yeux fermés, il savourait chaque seconde, et crut qu’on lui enfonçait un poignard dans le cœur lorsque Hermione s’écarta doucement de lui. Il avança alors le visage au maximum pour prolonger leur étreinte et rouvrit des yeux remplis d’interrogations.

Face à un regard si touchant, Hermione ne put que se justifier de son acte de traîtrise.

-J’adorerais t’embrasser encore, le provoqua-t-elle avec malice, mais nous ferions mieux d’avancer.

Elle avait raison. Lui avouer qu’il tenait à elle et envisageait une relation à la surface lui avait étrangement donné un nouvel élan. Il ressentait l’envie farouche de prouver ses propos et de mettre les bouchées doubles. C’est donc main dans la main que les deux amants reprirent leur périple, s’encourageant l’un l’autre en se communiquant une force nouvelle.

Les tunnels se succédaient de nouveau, toujours aussi monotones, tristes et sombres qu’auparavant. Ils n’avaient rien à scruter, observer ou analyser, rien du tout. La rivière coulait encore et toujours, impassible face à leur détresse. Elle semblait les narguer en serpentant tranquillement, comme si tout allait bien.

Mais plus inquiétant, la lumière faiblissait de plus en plus. En le constant, Drago sentit une vague d’angoisse le submerger. Si Hermione avait craqué, il n’en était pas loin non plus. Il lui fallait penser à autre chose, focaliser son esprit sur du positif. Il prit alors la parole doucement, lançant une phrase banale, mais sachant que sa belle amazone rebondirait forcément à partir de ces quelques mots.

-Alors Miss Gryffondor, comment crois-tu que notre retour là-haut va être perçu ?

Il eut parfaitement raison. L’évocation du monde qu’ils pourraient éventuellement rejoindre, et encore avec beaucoup de chance, représentait l’espoir. Il ne pouvait trouver meilleur sujet.

-Je ne sais pas ! lui répondit-elle plongée dans ses pensées. Déjà, où en est la lutte contre Voldemort ? Cette question m’angoisse je dois dire. J’ai vu que Ron allait bien, mais et les autres ? Je n’en sais rien.

-Sur ce plan là, je pense que c’est au point mort. Regarde mon père ! Il en parlait normalement, donc il n’est pas mort… et tes amis à Poudlard semblaient plutôt… Drago se stoppa net en réalisant qu’il s’engageait sur un terrain glissant.

-Plutôt intimes et insouciants, plaisanta Hermione, obligeant son compagnon à écarquiller les yeux.

Il aurait pensé qu’elle s’effondrerait de nouveau alors qu’elle en riait ? Avait-il bien entendu ?

-Tu en fais bien une tête, reprit-elle fière de sa réplique. C’est moi qui devrais être choquée, et non toi.

-Justement ! lui répondit-il un peu perdu.

-Ho tu sais, le choc passé… je ne veux que le bonheur de mes amis. Ce qu’ils ont dû vivre n’était pas évident, alors je préfère qu’il soit heureux plutôt qu’ils se morfondent, même si cela aurait flatté mon ego, reprit-elle un peu plus sérieusement avec une pointe d’amertume.

-Quelle grandeur d’âme ! ironisa-t-il. Je ne partage pas cette conception des choses.

-Ho mais ne t’inquiète pas ! Je compte rendre à Ron la monnaie de sa pièce. Mais disons que certains éléments extérieurs m’aident à voir les événements avec plus de… détachement.

-Ah ah ! Et ces évènements ne seraient-ils pas beaux, blonds et extrêmement charmeurs ? plaisanta son amant.

Un sourire irradia le visage de son amazone alors qu’elle lui répondait avec malice :

-Je dirais maigrichon, plutôt pâle et…

Et la gryffondor n’eut pas le temps de finir sa phrase, l’élément extérieur venait de la plaquer contre le mur du couloir, le regard rempli de malice et lui tenant les mains assez délicatement.

-Ose me répéter ça !!! lui susurra-t-il, la voix emprunte de rire et d’envie.

Une envie de se détendre, de s’évader, de la toucher simplement. Il se rendait progressivement compte que le contact charnel avec sa belle lui était indispensable. Il avait cru en perdre la tête les dernières fois où ils avaient fait l’amour. Etre en elle et en vouloir encore et toujours plus était un sentiment frustrant. Il avait soif de cette peau, de cette douceur, de cette chaleur. Hermione, de son côté, ne tentait absolument rien pour se soustraire à cette étreinte, ravie de cette promiscuité.

-Et qu’est-ce que je risque Monsieur Malefoy ? le provoqua-t-elle, en toute connaissance de cause.

-Ça….

Il l’embrassa alors fougueusement, baladant ses mains un peu partout sur le corps d’une amazone prenant soin de ne pas freiner sa course. Une nouvelle fois, le Serpentard perdit le contrôle de ses gestes, elle était l’aimant et lui la boussole devenue folle.

Cette étreinte dura à peine quelques minutes avant que Drago ne s’arrête brutalement et ne plonge ses yeux dans les siens :

-Dis-moi que tu ne ressens plus rien pour Weasley, ordonna-t-il presque gravement.

-Rien, si ce n’est une amitié profonde, lui répondit-elle le plus sincèrement du monde avec empressement.

-Si nous ne devions pas garder nos forces Hermione, je t’aurais fait l’amour ici, contre ce mur, à t’en faire oublier jusqu’à son existence, lui lança-t-il plus sérieux que jamais, provoquant des frissons de désir chez sa partenaire.

La jeune femme l’aurait bien provoqué jusqu’à ce qu’il ne cède, mais il avait raison. Ils devaient conserver leur énergie déjà au plus bas. Ils se lancèrent alors un regard presque sombre, la réalité les frappant de plein fouet, avec plus de force encore suite à ce moment d’insouciance. Sans ajouter un mot, Drago se recula et lui tendit de nouveau sa main pour l’inciter à continuer. Elle avait besoin de ce contact charnel et il le comprenait, lui aussi d’ailleurs se sentait poussé en avant par la chaleur et la douceur de ces petits doigts.

-Le retour ne va pas être simple tout de même. Voldemort ou pas, il nous faudra lutter contre les Morgoles car un jour ou l’autre, ils reviendront et je ne peux pas vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête, reprit Hermione.

-Tu penses à ça toi ? s’étonna-t-il. Moi j’imagine plutôt la confrontation avec nos proches.

Drago s’interrompit aussi sec. Envisager de revoir son père lui paraissait surhumain et le terme de « confrontation » semblait particulièrement approprié. Il éprouvait une haine si forte contre lui. Ses agissements méprisables le répugnaient. S’il avait divulgué ses connaissances, peut être que les Morgoles auraient pu être vaincus, et qu’il n’aurait jamais été là.

Evidement il fit immédiatement taire la voix de sa conscience lui demandant innocemment s’il n’aurait pas agi de la même façon avant de connaître l’horreur, avant de voir de ses propres yeux ce qu’ils faisaient endurer à ces filles et de le vivre un peu lui-même.

-Mes proches ? reprit Hermione pour rompre le silence face à son mal-être évident. J’imagine le bonheur de revoir mes parents. Je suis si impatiente, lança-t-elle avec mélancolie.

-Je te comprends. Alors, changeons de sujet, parlons de choses plus réjouissantes… tu parlais de vengeance avec Weasley… j’adore quand tu parles de vengeance avec lui !

-Drago ! S’indigna-t-elle en le poussant légèrement de l’épaule provoquant un très léger fou rire conjoint, immédiatement interrompu par la vision qui s’offrait à eux.

Sans même se concerter, ils se stoppèrent net et fixèrent un point lumineux en face. Le tunnel s’étant progressivement assombri, leurs pupilles réagirent douloureusement à une nouvelle source de lumière au loin. Une sorte de halo vert émeraude scintillait, irradiant les voûtes du tunnel. Mais l’éloignement de cette source les empêchait d’en appréhender l’origine. Ils se lancèrent un regard inquiet, sachant pertinemment que le choix ne leur était pas permis. Hermione reprit sa marche alors que Drago la retint par la main.

-Bonne ou mauvaise, nous n’avons pas d’autre choix que d’affronter cette nouvelle épreuve, Drago ! lui reprocha-t-elle.

-Oui, mais pas la tête la première.

Il lui donna une des deux dagues et prit la seconde avant de lui faire signe d’avancer avec prudence.

Il cheminèrent pas à pas, lentement, serrant un peu plus le mur en s’écartant de la rivière. Au fil de leur progression, ils purent constater que son lit s’élargissait jusqu’à former un bassin. Hermione s’arrêta une minute. Elle pouvait désormais appréhender l’ensemble de la source lumineuse. Leur chemin déboulait dans une grotte particulièrement haute de plafond et se terminait en impasse. Une petite cascade alimentait le point d’eau, provenant d’une ouverture à une dizaine de mètres de hauteur. Leur voie continuait de suivre le bassin en le contournant, jusqu’à ce qui leur sembla être une porte.

Divers îlots rocheux s’élevaient au centre de la retenue d’eau et Drago lâcha la main de son amazone pour lui montrer un certain nombre de remous à la surface. Il était encore difficile d’en appréhender la nature et d’un seul regard, il convinrent de continuer lentement leur chemin, les deux dagues levées, les yeux rivés sur l’eau et le cœur battant à tout rompre.

Plusieurs mètres plus loin, ils purent constater que la lumière, plus violente encore, provenait des profondeurs de l’eau dont les remous se reflétaient sur les parois des murs. La porte était toujours trop loin pour voir si elle était franchissable ou non.

Drago précédait légèrement Hermione d’un bon mètre lorsque soudain un éclair vert illumina la pièce les figeant tous les deux. Il se retourna et se heurta violemment à une barrière invisible alors qu’Hermione en fit de même, mais de l’autre côté. Elle avait voulu le rejoindre mais une sorte de champ magique l’en empêcha.

-Hermione vient, prononça-t-il tout en sachant l’inutilité de sa phrase.

-Je ne peux pas ! implora-t-elle de lassitude.

Il laissa tomber la dague et voulut revenir la chercher sans toutefois y parvenir. Il tenta alors de frapper la barrière avec violence mais un nouvel éclair vert parcouru la séparation qui redevint aussitôt invisible. Ils restèrent là quelques secondes sans bouger, trop las pour réagir et abattus face à cette nouvelle épreuve, puis Hermione plaqua ses mains contre le champ de magie, le regardant, un peu perdue…

-Drago… murmura-t-elle à bout de forces.

Il plaça ses mains à la hauteur des siennes sans toutefois pouvoir les sentir. Déjà un flot montait le long des conduits lacrymaux de la rouge et or, alors que Drago la fixait, impuissant. Quelle était encore cette magie ? Pourquoi le champ de force l’avait laissé passé lui alors qu’il la bloquait, elle ?

-Attend, recule-toi, lui demanda-t-il la voix tremblante de rage.

Elle s’exécuta alors qu’il reprenait sa dague avant de frapper avec force contre un ennemi invisible. La séparation s’illuminait à chaque coup mais ne voulait pas se rompre. Il redoubla d’efforts, son visage rougissant de rage et d’énervement, mais en vain. Pourtant il ne voulait pas baisser les armes, refusant d’être séparé d’elle.

-Hey là ! s’écria une voix malsaine provenant du centre du bassin, les faisant sursauter tous les deux.

Pris de panique et d’effroi, ils se figèrent, cherchant à scruter la surface de l’eau pour déceler d’où venait ce bruit. Mais une nouvelle fois, seuls quelques légers remous prouvaient une quelconque activité indépendante de la cascade. Lorsque soudain, une ombre apparut sous la surface, très près du bord et du côté d’Hermione.

-Cours ! lui cria précipitamment Drago.

Mais la lionne n’était pas du genre à fuir devant le danger. Pourtant, lorsqu’elle vit cette tête hideuse sortir de l’eau, elle poussa une exclamation de panique.

-Merlin !

-Cours Hermione… lui répéta-t-il en frappa de nouveau contre la frontière l’empêchant de la protéger.

Hermione voulut suivre son conseil lorsqu’elle vit le reste du corps immonde émerger lentement du bassin, mais une nouvelle barrière invisible l’empêcha de faire demi-tour. Elle était désormais prisonnière entre deux frontières infranchissables, avec cette chose rampant hors de l’eau.

Elle brandit alors sa dague pour faire face à son nouvel ennemi. Hagrid se serait extasié face à cette version reptilienne d’un centaure. Cet être visqueux et répugnant au plus au point rampa lentement et sournoisement hors du bassin, ondulant son corps de serpent sur lequel la nature avait greffé, certainement par erreur, un torse de forme humaine mais de couleur horriblement verte. Lorsqu’il avait posé ses deux mains au bord du bassin pour se hisser hors de l’eau, l’espèce de liquide poisseux le recouvrant avait émis un petit bruit suintant au contact du sol, provoquant une envie de vomir chez les deux poudlariens.

Son visage anguleux que les petits cheveux de deux centimètres semblaient vouloir fuir était parsemé de quelques écailles apparentes. Seuls les yeux dont les pupilles étaient cernées d’un jaune putride et de la même forme que celles de Pattenrond, contrastaient avec le vert algue de son corps.

Alors qu’il s’approchait doucement de sa proie, Hermione laissa tomber sa dague à terre.

-Hermione ! hurla Drago. Reprends-toi.

-Te te te ! siffla l’immonde insulte à la beauté de la nature. Elle ne peut pas, je l’ai paralysé.

Drago constata avec effroi que son amazone semblait aussi fixe qu’une statue. De rage et d’impuissance, il donna un énorme coup de poing dans le champ magique.

-Il va se calmer oui ! reprit la créature d’une voix lancinante en parlant de Drago comme s’il n’était pas là. Tu n’y peux rien, alors arrête de frapper contre mon mur !

Tout en prononçant cette phrase, il s’était dangereusement rapproché de la Gryffondor, humant l’air comme s’il se délectait de la situation.

-Ne la touche pas, ordonna Drago dans un cri de désespoir, le regard transpirant de haine et d’impuissance.

Le serpent-homme s’arrêta un instant dans sa progression et esquissa un sourire mi-surpris mi-agacé :

-Je fais bien ce que je veux ! le nargua-t-il en laissant tomber son torse en avant, se retenant par ses deux bras.

Sa queue immonde s’immobilisa enfin. Elle était aussi large que son torse mais s’amenuisait très rapidement, ne mesurant pas plus de deux mètres. Il toucha presque les jambes d’Hermione avec son nez, reniflant toujours la jeune femme. Ce rituel répugnant apparaissait d’une importance capitale pour la créature, qui ne se préoccupait plus le moins du monde des coups donnés par Drago sur sa protection.

-Bon ! S’exclama-t-il. Alors elle, elle est clean.

Et d’un seul coup, Hermione put enfin bouger, se plaquant d’un mouvement contre le mur, alors que le reptile releva le torse et recula pour la laisser respirer.

-Hermione la dague ! s’enquit Drago.

La jeune femme la chercha du regard mais avant qu’elle ne puisse se baisser pour la ramasser, cette dernière disparut.

-Mais ! reprit la viscosité ambulante. Je ne te veux pas de mal, alors pourquoi m’en ferais-tu ? lui demanda-t-il, surpris.

« Parce que tu as un corps de serpent et un visage répugnant, que tu me tiens prisonnière et… heurk, qu’une sorte de liquide épais et visqueux tout vert dégouline de toi… » pensa Hermione, mais elle ne pouvait lui répondre ceci !

-Pourquoi suis-je prisonnière de ce champ magique alors ? bredouilla-t-elle.

-Pour voir et comprendre qui tu es, affirma-t-il comme si c’était une évidence.

Les deux poudlariens furent frappés par cette réponse. La voix de la créature était lancinante et aussi détestable que son apparence, mais en effet, son attitude n’avait rien de menaçant. A bien y réfléchire, il n’avait même pas d’arme !

-Alors laisse moi rejoindre Drago. S’empressa de répondre Hermione.

-Drago, quel drôle de nom ! Et toi tu es ?

-Toi d’abord, martela une Hermione de plus en plus sûre d’elle, devant un Drago abasourdi par la situation.

-Si tu veux. Moi c’est Spanglorn. Enchanté ! lui dit-il en s’avançant vers elle et en déroulant une langue fourchue et écœurante, devant une Hermione se plaquant un peu plus contre le mur, détournant la tête et fermant les yeux.

-Qu’est-ce que tu as ? lui demanda alors Spanglorn en ravalant son organe laid à vomir.

-Je…

Hermione comprit en un instant.

-C’est ta façon de dire bonjour ? lui demanda-t-elle.

-Oui. Nous goûtons la langue de l’autre.

-Mais je rêve ! se permit Drago. Tu ne goûteras pas la langue de ma copine !

Hermione pouffa d’un rire timide devant la mine déconfite de Spanglorn.

-Drago, tu vois bien qu’il ne nous veut pas de mal ! Hermione, je m’appelle Hermione Granger, et chez nous, nous nous serrons la main.

L’être inconnu s’étonna de cette étrange coutume, mais tendit sa main pour se plier à la volonté de son interlocutrice.

-Enchanté Hermione.

La jeune femme lui serra les doigts en luttant pour réprimer la grimace de dégoût qui s’imposait aux muscles de son visage.

-Je suis un Vertineux et toi ? Tu n’es pas une Morgole, alors tu es quoi ? Et surtout que fais-tu là ?

-Je suis une sorcière et justement, Drago et moi tentons de nous échapper du royaume Morgole où nous étions prisonniers. Lui expliqua-t-elle en s’essuyant discrètement la main sur son petit bout de jupette, y déposant une sorte de glue vert bouteille.

Le vertineux pris le temps de réfléchir, particulièrement intéressé par cette information, et sourit à la sorcière.

-Vous êtes parvenus à vous échapper de leur royaume ! Bravo.

-Oui, mais nous ne savons pas du tout où nous sommes et comment rejoindre notre monde. Pourriez-vous nous aider ?

-C’est possible, dit-il en s’approchant un peu plus d’elle. Mais dis-moi, lui murmura-t-il proche de son visage en fixant Drago. Ça veut dire quoi « ma copine » ? provoquant un pouffement à peine étouffé de son interlocutrice.

-Cela veut dire qu’elle est avec moi et avec personne d’autre, et que tu ne la touches pas et ne la goûtes encore moins ou cela risque de très mal se passer ! bougonna une voix autoritaire à côté d’eux.

-Drago ! Pesta Hermione sans pour autant s’offusquer, flattée malgré elle par cet élan de jalousie ridicule. Il demande cela pour nous connaître, visiblement il ne sait rien de nous alors soit un peu aimable tu veux ! Décidément tu as toujours autant de mal avec les personnes différentes de toi. Fais un effort pour t’acclimater pour une fois !

Le Serpentard bougonna quelque chose d’inaudible pour les deux autres acteurs de la scène, mais cela les fit sourire tout de même, accentuant sa mine dépitée.

-Peux-tu faire tomber les barrières qui nous séparent s’il te plait, demanda plus sérieusement Hermione.

-Je ne sais pas. Ce n’est pas un Morgole au moins ? Pas de piège ?

-Non, je te le promets Spanglorn. Drago est un sorcier tout comme moi.

-Très bien ! Se résigna la créature, ignorant le « est-ce que j’ai l’a tête d’un cadavre ambulant » du blondinet.

En une seconde Drago, jusqu’alors appuyé sur la frontière invisible faillit basculer en avant lorsqu’elle céda. A peine avait-il repris son équilibre qu’il attira Hermione à lui et l’embrassa.

-ça va ? lui demanda-t-il inquiet.

-Oui, maintenant oui, lui répondit-elle soulagée d’être de nouveau dans ses bras et en appuyant sa tête sur son épaule.

-Ahhhh s’exclama Spanglorn. C’est ta femelle ! Je comprends mieux.

-Oui, c’est ma femelle ! répondit fièrement le jeune coq en bombant le torse.

-Drago ! s’énerva Hermione, je ne suis pas ta femelle. Tu ne vas pas marquer ton territoire comme le ferait un chien voyons.

-Mais Hermione… répondit-il avec une voix que le Petit Larousse aurait pu prendre pour illustrer l’adjectif « innocent(e) » : je ne fais que parler avec ses termes pour qu’il apprenne à nous connaître ! Je m’acclimate !

Spanglorn se tourna vers Drago pour lui murmurer à l’oreille :

-Et bien, tu n’as pas fini avec une femelle pareille ! provoquant un fou rire chez Drago et une indignation totale chez Hermione.

-A qui le dis-tu ! lui répondit le Serpentard alors qu’Hermione se débattait légèrement pour le repousser. Quoi ? lui demanda-t-il encore ! Tu voulais que je m’adapte, je le fais c’est tout.

Mais la Gryffondor ne l’entendait pas du tout de cette oreille. Devant sa crise féministe, Drago roula des yeux et l’immobilisa un peu plus contre son gré pour lui murmurer à l’oreille :

-J’ai une éducation exemplaire je te signale. Jamais je ne traiterais ma compagne de « femelle », pour moi une fille n’est pas une vulgaire reproductrice comme semblent le croire les Weasley ou une potiche de soirée mondaine comme l’envisage ma famille. Je ne suis pas comme cela et je ne le serais jamais. Et ce qui m’énerve le plus dans tout ceci, c’est que tu le sais parfaitement.

-ahhhhhh ! sursauta Hermione en voulant se reculer alors que Drago la maintenait toujours dans ses bras.

-Eh ho, ça va, ce n’est pas la peine de crier non plus ! s’offusqua-t-il.

-Drago… prononça-t-elle du bout des lèvres.

-Hermione… lui répondit-il à la limite de l’agacement.

-Drago, retourne-toi s’il te plait.

Il se figea et recula légèrement pour la regarder dans les yeux…

-Il y a quelque chose dans mon dos c’est bien ça !

-Oui ! Lui répondit-elle un fond d’inquiétude dans la voix, mais sans masque de peur.

Drago pivota lentement et reteint sa respiration en voyant qu’un peu partout dans le bassin, des Vertineux avaient fait surface. Tous plus laids les uns que les autres mais, étrangement, passé le premier moment de stupeur, cette vision n’avait rien d’effrayant, bien au contraire.

-Je vous présente mon peuple. Déclara fièrement Spanglorn.

Hermione s’écarta de Drago pour assister à la scène. Les Vertineux semblaient paisibles et heureux, ce tableau particulièrement perturbant avait absolument tout d’étrange. Des Vertineux montaient sur l’îlot central du bassin pour s’allonger, d’autres replongeaient dans le fond… les deux amants purent distinguer des femelles, des mâles et des enfants…

Au même moment, un petit remous apparut laissant passer une petite, toute petite tête de Vertineux.

-Ah ! Et voici chers amis, mon enfant, Anzist.

-Enchan… allait dire Hermione avant d’être coupé par une voix plutôt hystérique

-Anzist ! Laisse papa tranquille.

-ça va Alenor. Il ne dérange pas, il n’y a aucun danger.

-Spanglorn ! Avec toi, il n’y a jamais de danger alors renvoie-moi Anzist immédiatement.

Le dernier mot avait plus été hurlé que prononcé.

Hermione était plutôt gênée d’assister à une scène de ménage alors que Drago étouffa vaguement un pouffement.

-Et tu disais de ma femelle ! Lança-t-il à Spanglorn.

-M’en parle pas répondit ce dernier en roulant des yeux. Je reviens.

Et il disparut dans les eaux, entraînant le petit Vertineux avec lui.

Alors que Drago et Hermione continuaient d’admirer la scène devant eux, un peu plus loin, Spanglorn arrivait vers son épouse.

-Qui sont ces étrangers et comment ont-ils fait pour traverser nos protections ? S’inquiéta-t-elle.

-Et bien ils venaient du royaume Morgole Alenor ! lui répondit-il en appuyant chacun de ses mots, comme s’ils avaient une importance capitale.

-Tu, tu veux dire que c’est eux ? bredouilla-t-elle incrédule.

-J’en suis convaincu. Elle a une aura féerique et ils forment un couple.

-En es-tu sûr Spanglorn ? Depuis le temps que nous les attendions, il ne faut pas commettre d’impair.

-Je sais, je sais, mais j’en suis convaincu, c’est eux. Va prévenir le comité s’il te plait. Moi je retourne auprès d’eux, je dois obtenir leur confiance. Ils sont la clé, ils sont plus précieux que tout ce que nous possédons, mais leurs forces vitales sont au plus bas. Je dois tout faire pour les remettre d’aplomb et ne pas les laisser partir ainsi.

-Très bien. Je fais le nécessaire. Tu n’auras qu’à leur proposer à manger. Je te prépare ce qu’il faut.
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